Trogium pulsatorium (Linnaeus, 1758)

Synonyme(s) : 

Noms usuels

  • Psoque commun ; Horloge de la mort (*) ; Atropos frappeur
  • Larger pale booklouse

Classification :

  • Ordre :  Psocoptera
  • Famille :  Psoques
  • Genre :  Trogium
  • Espèce :  Pulsatorium

Indice de fréquence :

4
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Généralités

(*) Ce nom d’horloge de la mort est aussi celui donné à la grande vrillette Xestobium rufovillosum (De Geer, 1774) coléoptère Anobiidae.  La femelle de Trogium pulsatorium en tapant son abdomen sur un substrat à forte résonnance (feuille de papier en laboratoire,…) est capable d’émettre des sons (coups répétés qui durent parfois jusqu’à une minute) audibles par l’oreille humaine. Ces sons, qui peuvent intrigués (surtout la nuit), rappellent  le tic-tac d’une horloge et ont été perçus comme un présage de mort.

Pour des informations plus générales sur ces insectes reportez-vous à la fiche de présentation « Les Psoques (Psocoptera) » où figurent, entre autre, une clé d’identification des genres et des espèces faisant l’objet de nos fiches spécifiques, ainsi que des recommandations pour la lutte.

Les Psoques (nom dérivé du verbe grecque « psochein » qui veut dire broyer, émietter)  vivent « in natura » principalement dans la végétation arbustive ou basse, les litières végétales, mais aussi, pour certaines espèces dans les nids d’oiseaux, d’insectes ou de mammifères, plus rarement sous les pierres ou encore dans les grottes sur le guano. Ces insectes sont omnivores et se nourrissent principalement de moisissures, d’algues et de champignons (levures,…) qui se développent sur divers substrats, ces derniers le plus souvent d’origine végétale. Trogium pulsatorium est surtout connue comme une espèce domicole, dans la nature elle n’est commune que dans les régions méridionales où elle vit dans les arbres, dans des litières sèches et aussi dans les nids d’hyménoptères, ces habitats n’étant certainement pas exclusifs.
En général, les psoques, ne sont pas très vifs dans leur déplacement, à l’exception justement de quelques espèces domicoles dont Trogium pulsatorium  qui est très actif et coure très rapidement.

Trogium pulsatorium est la seule espèce européenne du genre elle appartient à la famille des Trogiidae dont les représentants possèdent en commun les caractères suivants :

  • Antennes composées de plus de 20 articles.
  • Insectes totalement aptères ou à ailes rudimentaires (mognons) sans trace de nervures.
  • Tarses trimères (c’est-à-dire formés de 3 articles).

Comme il est de règle pour beaucoup d’espèces des denrées, les conditions ambiantes (température et humidité) et la qualité de la nourriture conditionnent considérablement la vitesse de développement des psoques ; la durée du cycle de vie peut ainsi aller de 1 à plusieurs mois.

Les Psocoptères sont des paurométaboles, c’est-à-dire que les larves et les adultes vivent dans les mêmes milieux.

Critères de reconnaissance

Adulte

Taille

Longueur du corps de 1,5 à 2 mm.

Aspect

Insecte allongé abdomen grand et parfaitement ovoïde. Tête (reprendre fig. 365 page 147 de l’ouvrage de Badonnel) très mobile, volumineuse bien plus large que le thorax, clypéus proéminent, palpes maxillaires avec le dernier article sécuriforme. Antennes de 27 à 29 articles. Abdomen parfaitement ovoïde  sa plus grande largeur au milieu. Ailes très réduites (espèce microptère). Tarses trimères. Imagos à téguments mous.

Coloration

Blanchâtre à jaunâtre avec notamment des taches pâles, orangée à brun-rouge disposées régulièrement en rangées transversales au bord antérieur des tergites 4 à 7. Signalons que certains individus sont moins pigmentés que d’autres.

Larve

Taille

Inférieure à 1,3, elle varie en fonction du stade larvaire. Téguments mous.

Aspect

Les Psocoptères sont des insectes hémimétaboles c’est-à-dire qu’il n‘y a pas de métamorphoses, de fait, les larves ressemblent aux adultes (adultes miniaturisés, sans ailes, sans organes génitaux,…) la croissance se fait de façon graduelle lors de chaque changement de stade larvaire.

Ressemblent à l ‘adulte (sans les organes génitaux et les moignons d’ailes).

Coloration

Moins colorées que les adultes, parfois presque blanchâtre.

Note : l’identification des œufs des principaux genres et espèces de psoques domicoles (dont Trogium pulsatorium) est possible grâce au travail de Z. KUCEROVA «Stored product psocids (Psocoptera): External morphology of eggs » PDF en open access sur Internet à l’adresse suivante : www.eje.cz/pdfs/eje/2002/04/17.pdf

Cycle de développement

Il est surprenant de constater que Trogium pulsatorium qui est une des espèces domicoles les plus fréquentes, largement distribuée et décrite depuis plus de 250 ans, n’ai pas fait l’objet d’études biologiques récentes, les seuls travaux qui la concerne, dans ce domaine, datent de 1924 et1925.

Le cycle et la durée de développement semblent assez proches de ceux que l’on connaît pour d’autres psoques domicoles. Comme il est de règle chez beaucoup d’insectes domicoles qui sont polyphages, en particulier les psoques, le développement, et la dynamique des populations (fécondité, nombre de générations,…) de T. pulsatorium sont étroitement dépendant du milieu dans lequel il vit.

Contrairement à beaucoup d’autres insectes des denrées les psoques ont impérativement besoin, pour se développer, d’une atmosphère humide : humidité relative (H.R.) égale ou supérieure à 60%. Ce sont des insectes grandement hygrophiles et c’est particulièrement aussi le cas de Trogium pulsatorium, de nombreuses observations en témoignent. En effet, ces insectes ont un tégument mou et de faible épaisseur et sont par conséquent très sensibles à la déshydratation, mais ils sont capables grâce à un organe particulier situé sous le labium d’absorber de façon active la vapeur d’eau atmosphérique (ce qui est rare chez les insectes à l’exception des Mallophages (poux des oiseaux et de certains mammifères)).

La ponte est d’environ une soixantaine d’œufs, ce qui, en moyenne, a été observé chez d’autres espèces de psoques domicole (Liposcelis decolor par exemple), ces œufs sont déposés, dans des anfractuosités,… du substrat nourricier, en plusieurs fois, à raison de 1 à 5 par jour. La longévité de cette espèce est d’environ 3 semaines et le cycle complet (de l’œuf à l’adulte) demande moins de 40 jours dans des conditions optimales de développement et 2 à 3, voire plus, si les conditions ambiantes sont défavorables.

Matériaux infestés

  • Amidon

  • Chitine

  • Collagène

  • Épices, végétaux, herbiers

  • Kératine

  • Papier

  • Tous materiaux humides

Les adultes et les larves des psoques sont pourvus de mandibules très développées qui leur permettent de brouter, broyer et d’émietter leurs aliments. Ces insectes infestent, gâtent et souillent toutes sortes de denrées et de produits d’origines animale ou végétale qu’ils soient manufacturés ou non, particulièrement si ces derniers sont contaminés par des moisissures, des bactéries, des algues ou des champignons.
Les psoques domicoles recherchent particulièrement les endroits humides et chauds. Ce sont des insectes discrets qui vivent en groupe et fuient la lumière.

Ils peuvent aisément passer inaperçus en raison de leur petite taille et de leur  pâle coloration, de fait, lorsque l’on décèle leur présence, les populations sont hélas souvent bien établies et  très importantes. Si les conditions ambiantes sont favorables ils peuvent se multiplier de façon prodigieuse et causer toutes sortes de nuisances, leurs ravages sont parfois considérables et irrémédiables :
 
                - Ils peuvent brouter, souiller et être à l’origine de contaminations microbiologiques de nos produits alimentaires (farines, riz, biscuits, fromages, nourriture pour animaux, plantes médicinales,…).      
                - Ils peuvent détériorer des collections d’insectes, des animaux naturalisés, des  herbiers et des mycothèques.
                - Ils peuvent dégrader les vieux livres de collections et les archives (en s’attaquant en particulier à la colle de reliure),  les tapisseries, les boiseries, le cuir et le plâtre et beaucoup d’autres matériaux et d’objets muséographiques.
                - ils peuvent être à l’origine d’allergies inhalatoires et sont responsables (avec les acariens) de l’effet allergénique de ce que l’on appelle les poussières des maisons. En outre  ils peuvent éventuellement être responsables de dermatoses.  
               
                Les psoques domicoles peuvent occasionnellement se nourrir  des œufs d’autres insectes domicoles comme par exemple ceux des papillons du genre Ephestia, par ailleurs des cas de cannibalismes sont connus, en particulier à l’égard de leurs œufs.
 
Trogium pulsatorium a manifestement une alimentation très variée, l’espèce est polyphage mais son régime normal doit, comme pour les autres psoques domicoles, être à base de moisissures, d’algues vertes, de champignons (levures) et d’autres microorganismes de ce type. Cette espèce est fréquente dans les maisons, immeubles et tous bâtiments de construction récente, là où les plâtres,… n’ont pas fini de sécher ; elle se nourrit certainement des  moisissures qui se développent sur ces matériaux.  Rappelons que dans la nature Trogium pulsatorium vit dans les arbres, dans des litières sèches et aussi dans les nids d’hyménoptères, cette espèce est donc hautement polyphage.

Répartition géographique

Trogium pulsatorium est très largement répandu en Europe, surtout connu  et recensé comme domicole mais sa répartition est maintenant quasi cosmopolite.