Dermestes undulatus Brahm, 1790

 

Synonyme(s) : 

  • Dermestes murinus Olivier, 1790
  • Dermestes vulpecula Herbst, 1792
  • Dermestes tessellatus Illiger, 1801
  • Dermestes carinus Gravenhorst, 1807 
  • Dermestes variegatus Brullé, 1832
  • Dermestes dissector Kirby, 1837
  • Dermestes cylindricus Casey, 1916

Noms usuels

  • Dermeste bigarré

Classification :

  • Ordre :  Coleoptera
  • Famille :  Dermestidae
  • Genre :  Dermestes
  • Espèce :  undulatus

Indice de fréquence :

5
Posté par fabien le
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Généralités

La plupart des espèces de Dermestidae d’intérêt économique sont cosmopolites, elles ont été transportées involontairement par l’homme, depuis plusieurs dizaines de siècles voire de millénaires.

Environ 34 espèces de Dermestidae (on en connaît 86 espèces en France) sont susceptibles d’infester nos musées, nos lieux patrimoniaux, nos entrepôts, nos maisons,… dès lors qu’elles y trouvent une nourriture appropriée. Le genre Dermestes renferme, à lui seul, en France, près du quart des espèces de la famille et c’est celui, parmi les Dermestidae, qui compte le plus d’espèces domicoles, bien que celles-ci soient répandues aussi dans la nature.

Les Dermestes (littéralement « mangeurs de peau ») sont essentiellement carnivores et nécrophages et leur larves voraces (souvent cannibales) se nourrissent de dépouilles et restes d’animaux (os, plumes, poils, peaux, chairs, …) d’insectes desséchés, de pupes ou de nymphes.
Ces insectes vifs et à la marche rapide, sont capables de repérer leur nourriture de très loin (plusieurs centaines de mètres).

Par son facies trapu, en ovale allongé et l’absence d’ocelle médian sur le front le genre Dermestes est facilement reconnaissable.
Dix autres espèces de Dermestes font ici l’objet de fiches, il s’agit de D. ater, D. bicolor, D. carnivorus, D. frischii, D. haemorrhoidalis, D. maculatus, D. murinus, D. mustelinus, D. peruvianus et D. undulatus.
Le lecteur pourra se reporter à ces autres fiches descriptives pour plus d’informations, générales ou spécifiques, sur ces ravageurs.

Les Dermestes spp. sont fréquemment associés aux cadavres humains. En criminologie et en entomologie forensique, ils font partie de la cohorte des insectes (ils sont plusieurs dizaines) utilisés par la police scientifique.
Cependant ces Dermestes spp. sont peu fiables pour l’estimation de l’intervalle post-mortem, car il peuvent être attirés sur un cadavre aussi bien quelques jours après la mort, que plusieurs mois après.

Par contre les déjections larvaires se révèlent très utiles pour détecter la présence d’éventuels produits toxiques (drogues, poisons), du fait que ceux-ci sont rapidement dégradés dans le corps humain.

Le « Dermeste bigarré » est commun dans le midi de la France, il recherche préférentiellement les peaux, les fourrures et les cuirs (reliures,…) mais se montre aussi particulièrement nuisible aux collections zoologiques (insectes, animaux naturalisés). Il est particulièrement attiré par les poissons séchés, comme d’ailleurs la plupart des autres espèces du genre.
Cet insecte est très actif pendant l’été et dans le midi on peut le voir dans la nature, jusqu’en fin octobre infestant tout reste d’animal mort, les nids d’oiseaux, de chenilles processionnaires, de guêpes et les ruches.

Dermestes undulatus appartient (comme D. carnivorus, D. frischii, D. maculatus, D. murinus et D. mustelinus) au sous-genre Dermestinus, dont les adultes sont caractérisés par la dense pilosité (crayeuse, blanchâtre, orangée ou brun jaunâtre) de la face ventrale de l’abdomen, qui masque la cuticule.

Critères de reconnaissance

Adulte

Taille    

5,5 à 7,5 mm

Aspect    

Insecte trapu, ovoïde et allongé.
Le pronotum est massif et représente 1/3 de la longueur des élytres.
Le corps est environ 2,2 fois plus long que large et recouvert de soies couchées de diverses longueurs et couleurs. 
Les antennes sont brunes, courtes, de 11 articles, les 3 derniers sont élargis et forment une large massue compacte.

Coloration    

Pronotum presque entièrement recouvert de soies brunes et rousses, plus ou moins longues, très caractéristiques.
Elytres noirs, mouchetés de fines et courtes soies blanchâtres à gris-bleuté, couchées et formant plus ou moins des vagues ou des zigzag.
Surface ventrale de l’abdomen recouverte d’une pubescence de soies blanches avec, sur chaque sternite, 2 taches latérales noires. Le dernier sternite est presque entièrement noir mais il y a 2 taches blanches isolées jouxtant le bord antérieur du segment.
La coloration de cette espèce est sujette à variation.

Larve

Taille

Elle mesure de 10 à 12 mm de longueur, à maturité.

Aspect    

Allongée, étroite régulièrement amincie d’avant en arrière. Cuticule dure et coriace. Corps hérissé de nombreux poils brun-roux à noir lui donnant un aspect très hirsute. Certains de ses poils sont courts et d’autres longs.
Présence sur le 9ème  segment abdominal, de 2 protubérances pointues (appelées urogomphes).
Vue de profil ces protubérances sont légèrement recourbées vers l’avant.

Coloration    

L’ensemble du corps est brun rouge. Le thorax et l’abdomen présentent une bande dorsale plus claire mais rougeâtre.
Note : Les caractères morphologiques ou de coloration, mentionnés ici ne sont utilisables qui si l’on a affaire à des larves âgées (en général de longueur égale ou supérieure à 9 mm).

Cycle de développement

Les adultes hivernent, ils peuvent vivre plusieurs mois (6/7) et dans le midi, in natura, ils sont actifs de d’avril à octobre. Curieusement on dispose de très peu d’éléments biologiques précis sur Dermestes undulatus, il semble que son cycle de développement soit  similaire à celui de Dermestes lardarius, rappelé ci-dessous :

Le cycle complet demande  de 6 à 9 semaines dans des conditions optimales, de 22 à 27° C  avec 65% d’humidité relative.
La fécondité est impossible en dessous de 15° C et au dessus de 30° C, par contre elle est optimale lorsque le substrat nourricier est riche en éléments nutritifs et en eau. La ponte débute dès le printemps, la femelle peut pondre plus d’une centaine œufs sur une période pouvant s’étaler sur 6 mois. Elle les dépose par petits paquets (2 à 8/10) dans les anfractuosités du substrat infesté et dans des galeries larvaires.  La larve néonate éclot environ une semaine après la ponte. 

Les larves (comme les adultes) sont très vives, elles sont lucifuges et si elles sont dérangées elles simulent la mort en se roulant en boule et en s’immobilisant. Le nombre des stades larvaires nécessaire au développement dépend de la température ambiante et de la nourriture : il est de 6 à 20° C et de 8 à 27°.

Avant d’atteindre le dernier stade, la larve cesse de s’alimenter, recherche un abri ou une cavité dans le substrat infesté qui est souvent endommagé par les nombreuses galeries creusées, là elle reste immobile, c’est le stade de prénymphose. La véritable nymphose intervient environ 10 à 12 jours plus tard et elle dure environ 10 jours. L’imago restera quelques jours dans sa logette avant de la quitter et s’envoler vers l’extérieur. Il peut y avoir 2 générations annuelles.
De même que pour de nombreux insectes domicoles la durée totale du cycle de développement de Dermestes undulatus semble dépendante de la température ambiante et de la nature du substrat nourricier des larves.

 

Matériaux infestés

  • Chitine

  • Collagène

  • Kératine

Dermestes undulatus se nourrit majoritairement de matières, substances ou produits d’origine animale.
L’espèce est carnivore et nécrophage et consomme des insectes desséchés ou fragments d’animaux morts (naturalisés ou non), de la corne, des poils, des viandes et poissons séchés, des peaux animales et dérivés (fourrures, reliures, parchemins, cuirs).
Sa larve se rencontre aussi dans les entrepôts de denrées alimentaires animales où elle eut se développer aux dépens de jambons, saucisses, charcuteries diverses,…).

Un simple cadavre de souris ou de rat peut être à l’origine d’une véritable infestation et il convient donc de tenir propre tous les locaux à risques.

Outre les dégâts alimentaires, aux divers matériaux, produits et substances précitées,  signalons que les larves sont susceptibles, lors de leurs recherches de sites de nymphoses, de tarauder et creuser des galeries et tunnels dans toutes sortes de matériaux (bois, liège, lambris, plâtre,…), elles peuvent donc être indirectement à l’origine d’importants dégâts, autres qu’alimentaires. 

Après la nymphose, lors de leur sortie, les adultes peuvent également faire des dommages similaires.

Répartition géographique

Espèce sans doute d’origine européenne, commune en Europe de l’Ouest, se retrouve jusqu’en Sibérie.
De par les échanges commerciaux internationaux, cet insecte tend à devenir cosmopolite ; il est aussi présent en Afrique, en Amérique du nord et en Asie.